• 01Mar
    Categories: Europe, Toutes Destinations Commentaires fermés sur Idée séminaire : Bruges et sa magie médiévale

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    La semaine dernière, nous avons organisé un séminaire pour 60 personnes à Bruges, une toute petite ville médiévale digne d’un conte de fées qui remporte toujours un vif succès.

    Cette cité médiévale fortifiée semble avoir été oubliée par le temps. Son cœur est strié de canaux où se reflètent les façades des maisons à pignon, les clochers et les flèches de bâtiments séculaires. Le centre-ville, recroquevillé dans les limites de l’ancienne enceinte, présente une kyrielle ordonnée de ruelles pavées, de parcs, de petites places, d’églises gothiques et de béguinages aux blanches façades. La voiture y est inutile : le centre historique se traverse à pied en trente minutes !

    Bruges a des airs de village tranquille, ce qu’elle fut ces cinq cents dernières années. Pourtant, ses musées racontent une autre histoire, une histoire particulièrement fascinante. Les toiles du XVe siècle des grands maîtres flamands, tels Jan Van Eyck (musée Groeninge) et Hans Memling (musée Memling, à l’hôpital Saint-Jean : les peintures ont été réalisées spécifiquement pour l’hôpital) dévoilent les richesses somptueuses et le luxe de Bruges à son apogée, alors capitale des ducs de Bourgogne. À partir de 1380 et pendant plus d’un siècle, elle fut l’une des cités les plus prospères d’Europe : le commerce du monde connu convergeait vers son centre, via ses canaux, où résidaient les marchands-résidents d’Écosse, d’Allemagne, de la Baltique, de Castille, de Gênes et de Venise, ainsi que les Médicis, banquiers florentins. Les rois et les nobles de toute l’Europe s’y retrouvaient pour parlementer, et, réunis dans la cathédrale Saint-Sauveur, étaient intronisés membres d’honneur de l’ordre de la Toison d’or.

    L’opulence connut un coup d’arrêt après 1500, à la faveur de changements politiques. Les autorités de Bruges offensèrent Maximilien, futur empereur romain germanique ; l’Empire bourguignon passa sous domination espagnole; l’ensablement des canaux rompit l’accès à la mer : le commerce et le pouvoir se déplacèrent à Gand et Anvers. Sur le déclin, la réputation de Bruges ne tint plus, pendant des siècles, qu’à sa production de dentelle, ses monastères et ses couvents. Le développement n’étant plus à l’ordre du jour, le plan urbain demeura inchangé et ses édifices se délabrèrent. Soudain, au milieu du XIXe siècle, des enthousiastes se prirent de passion pour la chose médiévale et l’architecture néogothique. Bruges redevint le joyau qu’elle avait été. La plupart de ses bâtiments médiévaux — comme le Stadhuis (hôtel de ville) exceptionnellement ouvragé et la petite Heilig Bloedbasiliek (basilique du Saint-Sang) juste à côté — ont bénéficié d’une restauration complète, tandis que le Provinciaal Hof qui abrite l’administration de la province de Flandre-Occidentale, de style néogothique, fut érigé sur la Grand-Place entre 1881et 1921. L’histoire de Bruges, intrigante, se dévoile par pans comme les pièces d’un puzzle que l’on s’amuse à assembler au fil de ses explorations. Le Moyen Âge y est encore visible, par exemple avec le belfort— le beffroi —, tour de guet légèrement inclinée, dressée vers le ciel, fier symbole de l’indépendance de la cité médiévale. Son carillon de quarante-sept cloches est aujourd’hui actionné par un clavier lors des concerts, et par un gigantesque mécanisme datant du XVIIIe siècle pendant la journée. Bâtie aux XIIIe et XIVe siècles, Onze-Lieve Vrouwkerk (église Notre-Dame) cache quant à elle les mausolées ouvragés du XVe siècle de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, et de sa fille Marie.

    De nos jours, Bruges a renoué avec la prospérité, grâce au tourisme. Ses maisons rénovées ont été transformées en charmants hôtels-boutiques très accueillants. Echoppes de luxe et chocolatiers jalonnent les rues commerçantes. Et l’on y ressent toujours cette incroyable atmosphère médiévale si particulière. C’est définitivement l’une des plus belles villes d’Europe, et un must pour un séminaire.

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