• 11Jan
    Categories: Europe, Toutes Destinations Commentaires fermés sur Un séminaire au calme, à Heidelberg

    Lorsqu’on cherche une destination séminaire, l’on pense en général immédiatement aux grandes villes et capitales du monde. Pourtant, des villes moins connues et bien plus agréables sont envisageables. Tel est le cas d’Heidelberg, en Allemagne, où nous avons encore organisé un séminaire pour 30 personnes le mois dernier. Son nom ne vous évoque sans doute rien, et pourtant cette ville fascine depuis plusieurs siècles. C’est après tout l’une des plus belles villes du monde. Les peintres et poètes romantiques des XVIIIe et XIXe siècles ont adoré Heidelberg. En remontant le chemin des Philosophes qui longe le cours du Neckar, ils admiraient en soupirant de béatitude les ruelles enserrant la plus ancienne université d’Allemagne et le château, très délabré, dominant cette vallée profonde et boisée.
    Même Mark Twain — pourtant cynique et difficilement impressionnable — y a laissé son cœur, à l’issue d’un séjour dans l’hôtel surplombant le château : « Je n’ai jamais goûté une vue au charme aussi serein et gratifiant que celle-ci », écrivit-il en 1880 dans Ascension en télescope. « La ville s’étire le long du fleuve, son dédale d’artères pavées piqué de lumières clignotantes… Si vous pensez qu’il n’y a rien de plus magnifique que Heidelberg de jour, attendez de découvrir Heidelberg de nuit, une Voie lactée sur Terre… » Une description qui vaut encore aujourd’hui, car rien n’a vraiment changé depuis l’époque de Mark Twain. L’Altstadt (Vieille Ville) niche au creux de la vallée, sur la rive sud du fleuve, organisée selon un plan médiéval couronné par la flèche de la Heiliggeistkirche (église du Saint-Esprit) du XIVe siècle. La vieille université embrasse l’Universitätsplatz (place de l’Université); bien qu’elle ait été fondée en 1386, son style est baroque et non médiéval. La faute en revient au roi de France Louis XIV. Heidelberg est alors un centre du pouvoir, capitale des comtes, ducs et princes-électeurs du Palatinat (ou comté palatin du Rhin), comme le montre son château médiéval et Renaissance. En 1693, au cours de la guerre de la ligue d’Augsbourg, Louis XIV ordonne l’anéantissement de Heidelberg.

    À la reconstruction, le baroque est à la mode. Des tentatives sporadiques pour restaurer le château de grès rose sont également menées, et les ruines cohabitent avec d’élégantes pièces des XVIIIe-XXe siècles. On peut y visiter le musée de la Pharmacie et découvrir le Heidelberg Tun, un gigantesque foudre de 1751 d’une capacité de 221 726 litres dans lequel était stocké le vin nécessaire au château.
    Et la boisson, aujourd’hui encore, fait partie intégrante de la vie quotidienne. La ville compte plusieurs anciens bistrots étudiants — le Zum Seppl (XVIIe siècle), par exemple, ou le Zum Roten Ochsen (XVIIIe siècle) — dont les murs racontent les traditions et les clubs estudiantins. L‘une de ces traditions — de rigueur pour tout étudiant qui se respecte — consistait à passer quelques jours dans le cachot de l’université, le Studentenkarzer, criblé de graffitis, une destination prisée par les touristes aujourd‘hui. L’ université de Heidelberg, la Ruprecht-Karls-Universität baptisée en l’honneur de ses fondateurs des XIVe et XIXe siècles, est éminemment considérée, notamment pour son unité de recherche. Heidelberg est une cité dynamique, prospère et moderne, qui reste cependant très attachée à ses origines. C’est une destination idéale si vous cherchez pour vos collaborateurs une destination à l’écart de l’agitation du monde, où la sérénité est le maître-mot.

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